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2024 sera sportive et le portrait de Jean-Louis Esnault - ESB 28 nous y encourage

25 janvier 2024 Alumni

Chaque mois nous donnons la parole aux alumni de l'ESB. Sur tous les terrains, même sportifs ! Ce mois-ci, nos récents échanges vivifiants avec Jean-Louis Esnault nous ont donné envie de vous le présenter. En 2015, notre ESB 28 faisait déjà les titres des journaux dans Ouest-France, avec ses records d'Europe indoor à Nantes, sur 800 m et 3000 m. Ce dernier tient toujours d'ailleurs (lien vers l'article gratuit ou lire ci-dessous)

A 84 ans, Jean-Louis Esnault doit sans doute au sport, sa longue espérance de vie, en bonne santé. Pourtant sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille : un accident de voiture en 1971, son sauvetage en mer à l’été 2016 ou l’AVC de son épouse début 2019... Heureusement, il y a eu des compensations dans la vie de notre alumni qui peut se targuer du sérieux appliqué tout au long de son périple professionnel et également, de la joie apportée par son sport favori la course à pied toutes distances.

Il est ainsi l’athlète master (vétéran) français le plus titré à l’International comptant 73 podiums dont 30 médailles d’or à des championnats du monde et 21 titres de champion d’Europe. La consécration est venue en 2018 quand la WMA (World Master Athletics) a désigné notre ingénieur meilleur athlète master mondial masculin longues distances de l’année 2017, toutes catégories d’âge confondues.

 

Vie professionnelle

En tant qu'ingénieur, Jean-Louis ESNAULT n’a pas eu vraiment de vocation professionnelle. Non issu d’une famille du bois, il appartient à une lignée d’architectes sur 4 générations successives, les ESNAULT - VAILLANT. Il a surtout improvisé, sans plan de carrière, ni recherche particulière, une réussite professionnelle avec toujours en arrière-plan, la course à pied.

Après l’ESB, l’année de spécialisation en papeterie à Grenoble lui donnait l’occasion de découvrir le ski alpin à 24 ans. Par la suite la forêt équatoriale sera une autre destination avec le stage de fin de 2ème année au Gabon, à l’usine de CP de Port-Gentil. Une phase de recherche des okoumés avec un forestier que notre ESB retrouvait trois ans plus tard en Guyane, où il effectuait son service militaire.

 

La recherche, en Guyane, de bois pouvant remplacer les bois africains de déroulage débutait. Sa visite de chantiers d’exploitation forestière (BDO, Rougier, Multiplex) montrait une certaine difficulté à exporter vers la métropole les grumes de grignons, simarouba et autres. La forêt guyanaise abritant des bois très humides, souvent avec des tares et encore non commercialisés à l’époque. Pour le jeune ingénieur l’éventualité de trouver un emploi intéressant en Guyane s’estompait.

En résumé :

  • 8 ans chez GUILLET Industrie comme Technico-commercial essentiellement dans l’achat-revente-installation de séchoirs à bois dans le service de François MORE CHEVALIER (27ème)
  • 5 ans chez UNALIT fabriquant de panneaux de fibres durs à St Usage en Bourgogne sous la houlette de Marc CARADOT (21ème) : Technico-commercial devant développer les ventes d’Unalit dans l’industrie du meuble sur toute la France. Fin des années 70 c’était plutôt le retour au meuble rustique et domination du massif.
  • Un tournant en 1981/82 en optant pour travailler dans le secteur des énergies : complément de formation à l’IFE de conseiller climaticien, puis poursuite de carrière en bureaux d’études
  • Mi 1982 mi 1984 : BE spécialisé en géothermie (Meaux), expertises chaufferies et diagnostics thermiques et de patrimoines communaux
  • Fin 1984 à avril 2005 : ingénieur d’affaires à Beture Environnement spécialisé dans le contrôle d’exploitation de chaufferies centrales avec réseaux de chaleur en DSP surtout en Normandie (24 ans sur le réseau de chaleur de Mantes la Jolie), avec en fin de carrière participation au développement de chaufferies à déchets bois (construction à Falaise et projets).

 

Attiré par la course à pied dés le plus jeune âge, Jean-Louis a débuté la compétition en scolaire. Par la suite : champion minime de cross du département 28, dans le top 10 des championnats de France universitaire de cross en junior, puis en senior en 1965 avec l’ESB à Bourg en Bresse où il aurait pu faire beaucoup mieux que 8ème sans une entorse après un kilomètre.

 

Il a pratiqué également les courses sur piste  (champion de l’Isère sur 1500m, d’Eure et Loire sur 3000m steeple…) sans préparation pour atteindre un haut niveau. 1971, marquera un coup d’arrêt, après un grave accident de voiture. Marqué physiquement et psychiquement puisqu'il perdra son jeune frère de 14 ans. Il aura fallu rebondir dit-il.

A la quarantaine, retour de nouveaux objectifs sportifs et le début des marathons (63 à ce jour). Dont un enchaînement de 3 marathons en 2h34. Un beau palmarès ! Champion de France Vétérans 2, 3 et 4, de beaux voyages (New York, Rio de Janeiro, Budapest, Pékin..), un 100km à 67 ans en 9h42.

A 70 ans, retour à la piste et début d’une carrière internationale : Sacramento, Perth, Daëgu, Jyvaskyla en 2012 et le premier gros exploit avec 4 titres de champion du monde dont un semi-marathon débuté en retard dans la foulée d’un 1500 m. Détenteur de plusieurs records du monde (1500m surtout en salle et en plein air), recordman d’Europe sur 400, 1500 et 3000 m... Si à 86 ans il met fin aux compétions, c'est pour aller vers d'autre projets ! Peut-être un marathon à Nantes en avril 2025. Un alumni à suivre !



L'article de OuestFrance :


Jean-Louis Esnault, l'inépuisable ambitieux

Championnats nationaux vétérans indoor. Un phénomène, une machine, un seigneur... Les qualificatifs pleuvent pour décrire l'immense Jean-Louis Esnault. À soixante-quinze ans, Jean-Louis Esnault signe deux nouveaux records d'Europe. 


L'homme mérite un grand respect. Jean-Louis Esnault est un immense athlète. Dans une compétition vétérans première du nom à Pierre-Quinon ce week-end, il n'est pas passé inaperçu. À soixante-quinze ans, c'est un sacré phénomène. 

 

Sans véritable concurrence dans l'Hexagone, il court pour le plaisir, sans oublier d'afficher, fièrement, son nom aux nouvelles références françaises et européennes. « Maintenant que je viens de changer de catégorie, je m'attaque à tous les records », affirme-t-il, le sourire toujours aux lèvres malgré trois kilomètres dans les jambes. Quinze tours de piste et un temps record qui feraient même déglutir plus d'un jeune en quête de gloire.

La gloire, Jean-Louis Esnault vit justement avec. Mieux, il ne s'en soucierait presque pas. Toujours très humble et disponible, il ne se lasse pas de narrer son histoire, à travers les continents. « Je suis allé faire les marathons de New York, Rio où mon fils était expatrié, Budapest. Soixante marathons au total, et un seul abandon. » Du 400 m à la longue distance, Jean-Louis Esnault peut tout faire, partout. « J'irais aux Europe indoor en Pologne, dans trois semaines. Sur les marathons, je voudrais faire Perth (en Australie), Pékin et Berlin. »

Et aussi incroyable que cela puisse paraître, du fait de son âge, il n'a cessé de s'entretenir. « En 1971, j'ai eu un accident où mon bras a été broyé. J'étais donc huit mois, tranquille, sans pouvoir courir. » Son seul véritable temps mort. Et à l'arrivée ce samedi, le public l'ovationne, le speaker s'enflamme et Jean-Claude Deremy, membre de la CNV, conclut. « C'est un phénomène, une machine... »




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